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Création et Réalisation D.M.Chetti - © Jamel Tourisme Collo - Octobre 2005 - Site Actualisé le : 25/02/2008
6 jours 5 nuits à Oued El Athmania. Du 06 au 11 mai 2006

"JJB, médecin, est parti un an avant l’indépendance de l’Algérie de son village « Oued El Athmania », dans le constantinois alors qu’il n’avait que 8 ans.. En 2006, il est revenu pour la première fois revisiter les lieux de son enfance. J’étais son guide durant 6 jours. Moi-même j’ai été frappé par l’accueil chaleureux que lui ont réservé ses anciens camarades de classe. De retour en France, il m’a envoyé ce courrier pour la rubrique carnets de voyage. " Mourad KEZZAR

J’ai surtout pu m’exprimer, écouter et comprendre une histoire vécue il y a 45 ans déjà.

A mon retour, mon enthousiasme était tel que je crois avoir donné envie d’y retourner à quelques irréductibles. Je les ai cependant prévenu que la démarche ne pouvait pas être actuellement celle du touriste, ni celle de celui qui vient avec un esprit critique aiguisé.
Il est vrai que le passé architectural a été laissé à l’abondant, c’est dommage. Il serait bon de l’inclure dans une démarche tournée vers l’avenir. Cela est surtout visible dans les compagnes; les grandes fermes, les belles battisses conservent leur majesté vues de loin. De prés, c’est autre chose.

Rien n’est cependant perdu, si la volonté de restaurer et d’intégration existe. Les algériens ne sont pas des talibans, il faut espérer que cela dure, il faut un réveil et je pense que cela ne peut être que le fait des femmes de ce pays qui doivent réagir, montrer leur talent, leur ambition et leur désir d’exister pleinement.
En repartant, je me disais qu’il aurait fallut peu de choses pour que nous puissions envisager un destin commun avec les algériens. Il fallait d’autres mentalités mais cela ne pouvait être possible à l’époque. L’unité des deux peuples aurait pu exister. Je me demande si nous n’avons pas été manipulé par des politiques qui, eux, ont des vies des deux cotés sur la conscience.

Vu de France, un retour dans mon pays d’origine n’est pas toujours envisageable. Idées préconçues, les questions de sécurité, les paroles du Président algérien ne sont pas là pour nous inciter au retour.
Pour organiser ce retour, il y a le coté pratique. Fort heureusement, j’ai trouvé la personne qu’il fallait sur Internet « coup de chance ». C’était un vrai professionnel mais il faut surtout avoir un état d’esprit, vouloir aller à la recherche de l’autre et non pas aller simplement faire un constat et état des lieux.

La rencontre humaine a été primordiale. Elle m’a permis de mieux comprendre et assimiler l’Algérie d’aujourd’hui. Elle m’a aussi ouvert les yeux sur la politique qui ne peut être qu’ambivalente quand on constate la réalité et la diversité des gens qui peuplent ce pays. L’espoir que l’on peut avoir ne tient qu’à une chose : Redistribuer correctement la manne actuelle du pétrole pour relancer l’économie et diminuer le nombre des « laisser pour compte » qui ne demandent qu’à faire le lit de l’extrémisme.

Les personnes rencontrées, mes amis d’enfance, m’ont réservé un accueil qui allait du delà de toutes mes espérances. J’ai surtout pu m’exprimer, écouter et comprendre une histoire vécue il y a 45 ans déjà.
Un dernier siècle est passé, il fallait probablement le temps pour apaiser les douleurs. Totalement satisfait de ma démarche, j’ai pu revisiter mon passé, rencontrer une véritable amitié et retrouver des lieux qui ont bercé mon enfance, des paysages admirables.
JJB

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