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Création et Réalisation D.M.Chetti - © Jamel Tourisme Collo - Octobre 2005 - Site Actualisé le : 25/02/2008

8 jours à Collo, Chéraia, Skikda et Constantine. Du 8 au 15 avril 2007

La famille Tranchier remercie toutes les autorités de Collo et Chéraïa pour leur amabilités. Nous remercions également les forces de police et de gendarmerie pour nous avoir sécurisé et nous permettre d'accéder de partout. Merci à tous les Colliotes et Cherachois de leur convivialité. Nous ne vous oublierons pas et bientôt nous reviendrons. Famille Tranchier



Demain, le 15 avril, l’avion d’Aigle Azur de 11H 00 ramènera les 10 amis touristes anciens de Collo vers Marseille. Ce sera la fin du premier séjour de 8 jours effectué par les membres d’une seule famille, les Tranchier, parents et alliés, comme on dit. Bien que chaque jour, depuis le 8 de ce mois, est une date spécifique, cette soirée porte un caché unique. Les amis colliotes ont invité plusieurs personnes des deux localités de Collo et Chéraia au Méchoui.

 

Le Tout nouveau directeur de l’hôtel Bougaroun, a pris part ont offrant le chorba. Au banquet, les 10 anciens de Collo, ont invité, en plus du maire de la ville M Fenazi, une quinzaine de personnes dont Hocine Derbikh qui me voit depuis deux jours d’un mauvais œil mais avec un cœur plein de générosité, Ami Lamine Lamouchi, toujours en élégant malgré le poids de la récente disparition de son vieil ami, Tonton Hafid Chetti, les sympathique Salim Baghloul et son beau frère Mohamed Dridah, Meziri, …

C’est Ami Lamine, instituteur à la fin des années 50, qui résuma par, un bref et intelligent discours, les moments forts de ce pèlerinage. Comme il y a 50 ans de cela, son ancien élève, Noël, reprend la parole pour…finalement ne rien dire tellement l’émotion était, je pense, très grande. Heureusement, car, il épargné des moments difficiles à plusieurs personnes dans la salle. C’est aussi cela la magie du tourisme, qu’il soit de découverte, ethnique, de ressourcement…La force de rapprocher les uns des autres.


Après le méchoui et la grande tarte, nos 10 amis recevront de mon assistant, Karim, des boites de pâtisseries orientale, makrout et Bradj (mella) que sa maman a soigneusement préparé. Ce Karim, ne cessera jamais de m’étonner moi-même. Un collin, me dites vous ?

En effet, l’accueil chaleureux à Collo n’a pas de limites. Toujours aimables, à l’instar de leurs administrés, même les deux maires de Collo et de Chéraia, Messieurs Fennazi et Belkahla, ont tenu, eux aussi, à recevoir le groupe dans leurs bureaux respectifs. Le soyez les bienvenus est, ainsi, « officieux et officiel » à la fois. La région, qui a tant souffert ces deux dernières décennies, a besoins de tous ses hommes pour sa reconstruction. A l’instar de tout le pays, Collo est un chantier. Reste à espérer qu’à moyen termes, la bonne gouvernance remplacera les séquelles des dernières années. Collo a ses enfants et ses amis d’hier et d’aujourd’hui.


Le Jour de retour à Chéraia

Le jour de la visite de Chéraia est une date historique. Marie-lise, Marcel, Alain et Noel n’ont pas mis les pieds depuis 1962 pour certains et bien avant pour d’autres. La redécouverte de Chéraia se fait avec Hocine, le voisin des Tranchier. Les maisons, l’école et les fermes sont là dans un Chéraia qui a beaucoup grandi. Le petit village, ancienne commune – mixte, est aujourd’hui l’une des trois communes de plein droit qui forment la Daira (sous préfecture) de Collo.


La rencontre avec les lieux, les anciens et les jeunes du village est féerique. Les souvenirs, enfouis dans le moi, remontent dans la mémoire vive, pour reprendre les informaticiens, laissant défiler des images d’un passé qui se retrouve, malgré lui, entrain de se conjuguer au présent. « C’est comme si on est jamais parti », murmure Noël. Regardant de loin l’ancienne maison de ses parents, Alain se renferme dans un long silence comme pour ne rien laisser échapper d’un sentiment cocktail de douleurs et de plaisir.

Ces derniers sont si forts, que Marcel, voit sortir de sa bouche des mots en arabe littéraire, une langue qu’il pensait avoir oublié depuis si longtemps. Peut-on perdre au cour d’un voyage, si long soit il, une partie de soi ?
On ne peut visiter Chéraia sans faire un tour à sa belle plage de Tamanart. La route est excellente et malgré les nouvelles constructions, la cité balnéaire est toujours magique. « Mourad, j’achèterai un jour quelque chose ici », me lance Yannick ensorcelé par la beauté du site.
De la dernière plage, on a une vue sur le cap Bougaroun. On cèdera rapidement à la tentation d’y aller voir de prés. Notre arrivée à Echatt à l’heure de la sortie des classes, le moment est une grande Kermesse. A Bougaroun, on visite l’ancien fort transformé en école. Une façon de rendre un vibrant hommage à ce directeur et à ces enseignants qui sont entrain de donner l’essentiel aux enfants des Ouled ben Merabet…L’espoir !

Excursions sur Skikda et Constantine
La visite de Skikda est une étape importante de ce voyage. N’ayant pas pris part au déplacement, le lendemain on me rapporta quelques détails comme le déjeuner au port de pêche de Stora , la visite de la ville et ….le crochet fait à Mzedj Edchich, ex robert Ville. Marie-lise, n’a pas trouvé les mots pour me raconter l’accueil qui leur a été réservé par la famille qui habite l’une des anciennes maisons de leurs parents. « Ils sont formidable…y pas d’autres mots.. »
L’autre excursion sur Constantine est un autre moment inoubliable. Avec mon assistant Zakaria, mes amis et Hocine ….qui s’est transformé en touriste, on a visité les ponts, le monument aux morts, le palais du Bey dans la vielle ville, quelques ruelles de cette dernière et le site archéologique du tombeau de Massinissa, le plus célèbre roi des Numides.
Pour des anciens de Collo, Constantine est une étape importante. Ahmed Bey était à Collo avant d’être promu Bey de Constantine. Youghourta a été livré ….à Collo. Cette dernière forma avec Milev et Rusicade, plus tard Djemila aussi, la confédération cirtéenne.
Mes amis n’oublieront jamais la visite de l’université islamique. Un chef d’œuvre architectural, certes, mais surtout un haut lieu des sciences islamiques. Cette religion, malmenée par tant d’incompréhensions de la part des uns et des autres, sera un jour débarrassée de la bêtise humaine.

Hocine, l’homme du voyage
Durant ce voyage, il y a une personne qu’aucun des membres du groupe ou de mon équipe n’oubliera. C’est Hocine Derbikh. Voisin des Tranchier dans le temps, il est, durant tout le séjour, présent pour participer à l’évocation des souvenirs. Une présence forte mais qui n’a nullement empiété sur le caractère organisé du forfait grâce à sa gentillesse, sa modestie et son éducation. Il était à l’aéroport à l’accueil et au départ. Il nous a gratifiés d’un très bon et inoubliable déjeuner préparé chez lui et par sa famille. Entre lui et moi, il y a eu une histoire de …enfin, ça y’est je me lance dans un rire qui m’empêche de dire plus !


Une jeudi typiquement colliote
A Jamel Tourisme, nous nous sommes lancés le pari de faire vivre à nos hôtes, un véritable jeudi colliote.
Après le petit déjeuner agrémenté de Ftair (beignets tunisiens), on ira découvrir le souk hebdomadaire de la ville. De passage devant le nouveau stade de Collo, l’idée d’y jeter un coup d’œil est venue au groupe. Sur le sol en tapis synthétique une « mini partie » de foot est improvisée. Une heure après, on laissera la pelouse se reposer, car l’après midi l’entente locale jouera contre le Moloudia de Constantine, pour gagner le centre ville.
Bien que le souk est loin derrière nous, le brouhaha est toujours là. En fait, jeudi, tout Collo devient un grand marché. On fera une halte chez les deux Baghloul, le pâtissier (ami Lahchaïchi) et le Ould Ami Messaoud (le vendeur des épices).
Alors que Marie-lise, Monique et Jeannine font le plein des épices pour le couscous et autres Bouaillabes, Patrick, Noël, Alain, Marcel, Yannick, Jean-Luc et Pierre Yves, feront les Approvisionnement en Baklaoua et autre Gorn Ghezal.
Après le déjeuner, profitant d’une petite apparition du soleil, le groupe prend place « Taht Ettaka », à la baie des jeunes filles, pour se baigner. A 16 heures, les homme se séparent des femmes pour ….un Hammam traditionnel. Au café - hammam ben Amrane, deux « Kiass » masseurs traditionnels s’occuperont des jeunes yannick, Pierre- Yves et jean Luc. Un supplice au bout duquel…une grande sensation de bien être. Même Marcel, Noël, Alain et Patrick y passeront. Le hammam a toujours existé ici. Il était tenu par, entre autres, le défunt Ami Mouloud Messikh. Aujourd’hui, Waheb et Chérif essaient de perpétuer une tradition. En fait, peut-on imaginer Collo sans son tour du phare, ses hammams, sa place et ses nkikbat ?
Après le Hammam, on est invité par Salim Baghloul pour un dîner chez ses parents.
Noël, avec sa famille, a séjourné dans les lieux durant plusieurs années. Je pense que, jamais, les Tranchier n’oublieront ces moments. Peuvent- ils avoir la force de remercier Salim, son beau frère Mohamed et les leurs familles ? A la place des mots, se sont les larmes qui coulent aussi douces que la fine pluie qui arrosait, dehors, la ville bénie. Juste après ce dîner, à base de couscous maison roulé par el Hadja en personne, et dont le savoir culinaire est un secret de polichinelle à Collo, c’est le grand Cheikh de la Zaouai de Sidi Ameur, El Hadj Belamaamar, la confrérie fétiche des colliotes, qui nous invita à une Hadra. Dans le mausolée qui se trouve du côte de l’ex Hangar, je voyais Patrick et Alain qui accompagnaient de mouvements de têtes les rythmes du bendir. Emportés par le jeu des jeunes Aissaoui, nous faisons, en ces nuits douces et généreuses du printemps colliote louange aux saints de la cité implorant Dieu pour qu’un jour, l’ex Chullu renaîtra de ses cendres pour re-prendre sa marche, interrompue, dans l’histoire.

Mourad KEZZAR

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