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Création et Réalisation D.M.Chetti - © Jamel Tourisme Collo - Octobre 2005 - Site Actualisé le : 25/02/2008

Le voyage organisé d’une famille française en Algérie. Du 07 au 21 août 2006
Histoire conjuguée et passé retrouvé pour des touristes adoptés

Daniel, journaliste, a passé durant le mois d’août dernier 15 jours de vacances en Algérie. De retour en France, il nous invite à partager avec lui son carnet de route. Mourad

"Le site « www.jameltour.com » aiguise ma curiosité. Il est 7h30 ce matin de la fin du mois d’août à Collo. Le soleil pointe ses premiers rayons par de là le phare blanc de la presqu’île. La plage est encore déserte et la mer sans aucune vague. Tout est calme. Sur le parking de l’hôtel Bougaroun, la voiture de notre guide est déjà là. Nous installons les valises dans le coffre, mais il faut attendre avant le grand départ pour Constantine. « Oui, nous attendons, j’ai demandé une escorte pour vous » nous explique Mourad notre guide. Une demi-heure plus tard, la voilà qui arrive : deux véhicules blindés et plusieurs 4x4 de la gendarmerie. Ce déploiement de forces est impressionnant, peut-être même plus inquiétant que rassurant. A quelques jours de l’expiration du délai accordé par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale aux terroristes réfractaires pour se rendre, les tensions sont perceptibles. A la réflexion, ce convoi exceptionnel a finalement du bon. Nous traversons rapidement les embouteillages liés aux travaux routiers et filons à vive allure.
Moins d’une heure après avoir dit au revoir à Collo, un premier arrêt s’impose. Sur le bord de la route, des artisans étalent leurs poteries, c’est l’occasion de ramener quelques souvenirs d’Algérie chez nous. Il faut bien sur éviter d’acheter des plats importés et parmi les objets exposés, un service à couscous en terre non verni, orné de motifs simples verts et blancs, fait l’unanimité. Nous prenons notre temps, les gendarmes de l’escorte nous ont rejoint. Le Capitaine se rapproche alors de Pénélope et lui tend une petite poterie : « c’est pour toi, en souvenir ». Un geste affectueux sur la tête, il lui sourit. Encore un exemple de l’accueil extraordinaire des algériens que nous avons croisés durant notre séjour.
Pénélope, c’est la benjamine de la famille. 7 ans, les cheveux blonds et les yeux bleus. Le bleu de ceux de sa grand-mère Kabyle. Mais comme son frère Romain, 10 ans, et sa grande sœur Camille 12 ans, elle est née en France. C’est la première fois que la famille au complet se retrouve en Algérie, de l’autre côté de la méditerranée. Enfant, Pascale leur mère y séjournait régulièrement pour les vacances, accueillie par sa grand-mère, ses oncles et tantes d’Alger. Mais plus depuis 20 ans. Jusque là, elle n’a jamais voulu m’y emmener. Moi je m’appelle Daniel, nous sommes mariés depuis 15 ans cette année. Lorsque nous avons pour la première fois évoquée l’idée de ce voyage, j’ai pris les choses à cœur, il était temps de retrouver cette partie de nos racines. Alors, 5 français venus de Grasse dans les Alpes-Maritimes, voilà ce que nous sommes.

Vacances algériennes
Il aurait été plus facile de passer 2 semaines à Djerba en thalassothérapie, de choisir Marrakech comme destination touristique du Maghreb ou d’appeler les cousines d’Alger qui nous auraient accueilli avec grand plaisir. « En Algérie ? Avec les enfants ? L’annonce de ces vacances ne laissait personne indifférent. « Vous êtes sûr que ce n’est pas dangereux ? ». Mais nous étions déterminés et on se voulait confiant. Nous partirons 2 semaines, un point c’est tout !
Un clic sur internet, « voyage en Algérie » sur le moteur de recherche et après quelques heures de lecture, le site « www.jameltour.com » aiguise ma curiosité. Il propose des circuits en demi pension, une prise en charge qui semble à la fois souple et complète, en mot très rassurant pour la famille. Le contact s’établit d’abord par mail avec le responsable de l’agence basée à Collo, puis par téléphone. C’est décidé, nous visiterons d’abord Alger et la Kabylie puis nous séjournerons à Collo sur la côte Est. Oublions les angoisses pour obtenir en temps et en heures les passeports et les visas, le départ de Marseille sur un vol surbooké, l’aventure comme un parcourt initiatique commence.

Aéroport d’Alger. En cet après-midi d’août, le soleil est écrasant. Nous venons de récupérer les valises et dans le hall flambant neuf du terminal international nous sommes un peu perdu. Pas de panique mais… pas de guide non plus à l’horizon ! Attente, coups de téléphone… Ouf, Mourad et Hafid se présentent. Ce sont deux amis d’enfance. Le premier a crée son agence de voyage et commence juste à « faire dans le réceptif ». Le second a un commerce de téléphones portables à Collo mais est venu renforcer l’équipe pour l’occasion. Premier contact chaleureux, direction le parking. Deux véhicules nous attendent. Deux, donc cela signifie que la famille sera divisée durant les trajets. Mauvaise nouvelle, on ne va pas pouvoir échanger nos impressions tous ensemble. Enfin, quelques jours après, cela ne sera vraiment plus important, les échanges et les partages seront plus forts que nous ne l’avions jamais imaginé.

Première étape, direction Tizi Ouzou, capitale de la grande Kabylie. L’hôtel d’Etat qu’a choisi notre guide est un peu comme le témoin d’un passé qu’on devine faste. Aujourd’hui, il nous accueille confortablement avec sa piscine et sa climatisation d’un autre âge. Au programme, visite de Beni Yeni, village artisanal perché sur les hauteurs, face au massif du Djurdjura. Il est 14 heures. Sous un soleil de plomb, nous avançons doucement dans les rues désertes. Mourad, Hafid et une guide kabyle nous entourent. Pas un seul touriste à l’horizon ! A notre approche les boutiques semblent closes. Fausse impression, les rideaux baissés protègent seulement les commerces de la chaleur. Les filles découvrent les bijoux d’argent et de corail typiques. Une bague pour l’une, des boucles d’oreilles l’autre. Nous reprenons les voitures, direction Michelet et le Fort National. Choc des cultures. Dans les rues beaucoup d’hommes. Jeunes, très jeunes. Peu de femme. Et encore, celles que nous croisons ne portent pas toutes le voile. Dans le fief de Hocine Aït Hamed, la politique n’est jamais très loin. Un peu partout des affichettes invitent à une réunion du FFS. En Kabylie, les panneaux de signalisation, les frontons des bâtiments publics affichent tous leur message en trois langues : arabe, berbère et français.

Bienvenue à El Flaye
Cette terre aux villages perchés sur les collines est comme une force tranquille et nous apprenons à la découvrir peu à peu. La route traverse les champs d’oliviers. Chaque agglomération ressemble à un grand mécano. Partout les chantiers sont nombreux, même s’ils semblent souvent comme interrompu par enchantement. Nous apprenons ainsi que les chinois commencent à investir fortement le secteur du bâtiment. Ils travaillent 24h/24, impressionnant !
Le voyage doit nous emmener jusqu’à Sétif. Une grande ville que nous découvrirons de nuit. L’histoire raconte que celui qui boit l’eau de sa fontaine, y reviendra un jour. Nous la goûterons tous les 5… L’hôtel choisi par Mourad est class ! Mais nous y arriverons après plusieurs heures de route à travers la montagne. Et avant d’être secoués par les virages de la Nationale 75, un instant magique nous attend. Bienvenue à El Flaye. Nous voici dans le berceau de la famille maternelle des enfants. Jusqu’à présent, ils ont observé les paysages, bu avec un plaisir non dissimulé quantité de soda citron, orange ou autre Coca ; mangé des sardines grillés sur le port de Bou Haroun ou encore dégusté les douceurs à la pâte d’amande et au miel. Cette fois, ils vont rencontrer une cousine Kabyle qui a connu leur grand-mère et leur arrière grand-mère. Un autre cousin et sa famille. Hier encore des inconnus, ils nous accueillent comme si nous nous connaissions depuis toujours. Des figues de barbarie, du raisin… Nous sommes la famille. Et le temps s’arrête au dessus de la petite maison que nous découvrons. Derrière le portail en fer bleu, une cour intérieure et un cabanon de pierres. A l’intérieur, trois canapés, un grand tapis au sol et un parfum de nostalgie.
Nos guides ont eu la délicatesse de rester en retrait pendant cette rencontre. Mais après un détour par le jardin, il est l’heure de repartir. Romain et moi avec Hafid dans sa Daewoo, les filles avec Mourad dans la Logan. La nuit tombe. Aujourd’hui encore, chaque instant de cette journée reste gravé dans nos cœurs.

En route pour Collo
Nous ne sommes pas venus pour faire de la politique. La culture algérienne est différente de la notre. Et alors ? Des mosquées plutôt que des églises ? S’il est difficile de comprendre les exigences de l’islam, le débat s’engagera doucement. Je mesure davantage la dureté des années noires, la décennie quatre-vingt dix. Les chefs terroristes dans le maquis ont fait trembler le peuple algérien. Un peuple qui finalement partage avec nous, français et méditerranéens du nord, plus qu’on ne pourrait croire. Il suffit de se plonger plusieurs siècles en arrière. C’est tout simplement incroyable. Devant nous se dresse une ancienne ville romaine. Fière, elle tend vers le ciel bleu ses colonnes de pierres. Nous sommes à Djémila et notre guide nous réserve une petite surprise. Le conservateur du musée de la ville joue pour nous seul au professeur d’histoire. Devant la maquette des ruines, dans une salle aux murs couverts de mosaïques, il raconte : « Djémila (la belle), ex-Cuicul, fait partie du patrimoine universel de l’UNESCO depuis 1982. Ville romaine autrefois opulente, elle abritait près de 10 000 habitants. Construite en 98, elle s’agrandit au 3ème siècle sous le règne de l’empereur Caracalla. Au 4ème siècle, la cité se dote d’une basilique chrétienne. Située sur les hautes plaines de Sétif entre l’Atlas littoral et l’Aures, la région servait de grenier à blé au romains… ». La chaleur de cette matinée nous parait presque supportable tant le site est magnifique. Seule Pénélope réclame à boire toutes les deux minutes ! Au cœur des ruines, la scène du festival de musique. Après l'annulation de celui de Baalbeck au Liban par suite du conflit entre Israël et le Hezbollah, les organisateurs du 2ème festival de Djémila (du 13 au 18 août) ont décidé de le rebaptiser festival de Djémila-Baalbeck pour cette année, en signe de solidarité. Baalbeck, c’est le nom d'une ancienne ville libanaise, qui abrite quelques-uns des temples romains les mieux préservés au monde. Et le débat politique n’est jamais loin… Nous n’auront pas le plaisir d’applaudir Khaled, il est temps de prendre la route pour Collo

Rencontres à Collo
D’abord il y a la mer, une plage de 7 km de long et des collines en arrière plan. Dans le port, les chalutiers vont et viennent, la ville est réputée pour sa pêche à la sardine. « La colliote », une entreprise de boites de sardines hier prospère doit être relancée nous apprendra Mourad. Encore un potentiel qui ne demande qu’à être développé. Nous traversons la ville, notre hôtel se situe au bout de la baie aux jeunes filles, de l’autre côté de la presqu’île qui caractérise Collo. Certaines rues donnent l’impression d’avoir été bombardée tellement les trous dans le bitume sont nombreux, mais cela fait parti du paysage. L’hôtel Bougaroun, un trois étoiles comme l’indique le panneau à l’entrée est réellement les pieds dans l’eau. Notre guide n’a pas exagéré, il connaît bien l’établissement, il en a été le directeur ! Nous sommes vraiment accueilli avec chaleur, attention et bienveillance. Nos chambres se situent dans la deuxième partie du bâtiment, « l’extension », numéros 510 et 511. Côté ville car nous souhaitions avoir la climatisation. Tant pis pour la vue qui est grandiose mais nous avons prévu de profiter pleinement de la plage pendant les derniers jours de notre périple. L’hôtel dispose d’un espace réservé et surveillé avec tentes et parasols. Il suffit de traverser la route et la mer nous attend. La famille s’est installée sous l’un des parasols, un membre du personnel de l’hôtel nous le gardera pendant tout le séjour, et le temps s’écoule doucement, rythmé par le passage régulier de l’agent de la police locale sur son quad : « tout va bien ? » Comment cela pourrait-il en être autrement ? Le midi nous traversons le kilomètre et demi de plage pour retrouver Mahmoud, le patron du Littoral. C’est un ami de Hafid, notre deuxième guide. Sa cuisine est excellente, ses prix modiques. Crevettes, espadons, brochettes et fruits de saisons, tout est frais, la carte est sur mesure et s’adapte à nos envies. Chaque jour nous retrouvons notre table sur la terrasse du restaurant, situé en front de mer. Il faut croire que nous sommes la seule famille de touristes étrangers à Collo. Nous ne passons pas inaperçus mais à aucun moment nous ne nous sentirons mal à l’aise, au contraire. Et les enfants facilitent sûrement les échanges. Pénélope fait l’objet de toutes les attentions de la part de serveurs de l’hôtel, caresses sur la tête, sur ses joues, sourires etc… et il suffira d’un ou deux jours à Romain pour sympathiser avec des garçons, souvent plus grands que lui et participer à des batailles « à cheval » au bord de l’eau ou à des concours de plongeons. Mais c’est Camille qui fait certainement la plus importante rencontre. Elle s’appelle Ghada . Elle était sur la plage près de notre parasol avec sa tante. Le contact s’est vite noué et les filles ne sont plus quittées. Ghada habite près de Constantine et est en vacances aussi à Collo. Son père, entrepreneur, et sa mère viendront la rejoindre plus tard dans la semaine. Une amitié est née et c’est décidé, elle viendra chez nous pour les vacances de février.
A la piscine de l’hôtel ou sur la plage, les enfants sont en sécurité. Avec Pascale nous en profitons alors un peu pour découvrir les alentours de Collo. Toujours en compagnie de Mourad ou d’Hafid. Les paysages sont vraiment magnifiques et peut-être qu’un jour d’autres touristes étrangers pourront aussi découvrir, dans les mêmes conditions que nous, ce pays. Bien sur, il ne faut pas venir ici avec à l’esprit les critères touristiques classiques. Il y a encore beaucoup de progrès à faire du point de vue des infrastructures. La carte à jouer, c’est sans aucun doute celle de l’authentique, du tourisme de proximité. De l’histoire aussi. Réconciliée, pardonnée entre la France et l’Algérie. A la demande d’une collègue de travail, je prends ainsi plusieurs photos de l’ancienne rue de Lorraine et de sa boulangerie pour son père… De plus en plus d’anciens français d’Algérie reviennent sur les traces de leur passé. Mais il est tant de tourner la page et de regarder l’avenir, c’est en tout cas le sentiment qui domine chez tous ceux que nous avons rencontré et c’est aussi le notre.

Arrêt sur image
Le jeudi, c’est le jour du souk. On nous avait conseillé de le faire tôt le matin pour éviter la chaleur mais nous avons toujours autant de mal avec le réveil… Il est un peu plus de 10h lorsque nous commençons la visite. Mourad est venu nous cherché à l’hôtel. Très vite la chaleur devient écrasante et ce marché est immense. Les couleurs, les odeurs, un mélange de marché aux puces comme nous en connaissons à Marseille et de marché traditionnel. 20 euros la paire de Nike, notre fille aînée Camille, n’en revient pas ! Après avoir acheté le maillot de la JSK, Romain lui voudrait maintenant s’offrir celui de l’équipe nationale algérienne. J’ai également promis d’en ramener un à son cousin. Décidemment, le foot fait tomber bien des frontières. La foule est dense et serpente lentement entre les étals. Pendant l’été, le souk prend ses quartiers dans le centre ville et quitte le front de mer pour le laisser aux touristes. Enfin, d’après nos constatations, cette saison n’est certainement pas la meilleure pour Collo.
Avec ses quelques milliers d’habitants, Collo appartient à la wilaya de Skikda. Chez nous on la qualifierait de sous-préfecture. C’est la première du genre en Algérie a avoir doté son hôpital d’un service d’hémodialyse. En partenariat avec une association française, notre guide Mourad, des médecins et d’autres bonnes volontés ont réussi à faire venir ce matériel si précieux pour les habitants, notamment ceux des montagnes voisines. Des couveuses aussi. Aujourd’hui à la demande de Pascale nous avons visité le centre hospitalier avec l’un des médecins chefs des urgences. Le professionnalisme des personnels de santé semble évident mais comme en France le secteur médical manque de moyens. Certains spécialistes préfèrent travailler dans les cliniques privées ; nous connaissons également ce phénomène. Reste les bâtiments bleus et blancs avec leurs escaliers de marbre ouvrant sur les différents services. Nous sommes comme revenus plusieurs années en arrière, les couleurs vives et les matières modernes n’ont pas encore fait leur apparition…

Ce n’est qu’un au revoir
Deux semaines et puis s’en vont. Il est déjà l’heure de se quitter. Nous terminons les vacances par la visite de Constantine. Yacine, le père de Ghada la nouvelle amie de Camille, tient absolument à nous faire découvrir la deuxième ville du pays. Il nous a invité à déjeuner dans un restaurant traditionnel et le soir nous irons à quelques kilomètres de la ville dîner au frais près de la piscine d’un country club local. Nous posons une dernière fois les valises dans un hôtel, le Cirta, en plein centre. Les façades blanches aux découpes orientales, la décoration intérieure, l’établissement classé en impose, surtout aux enfants. Un tour de la ville d’abord en voiture et nous admirons la cité perchée sur un immense plateau rocheux fendu par l’oued Rhumel et reliée par sept ponts dont le plus impressionnant, suspendu, s’élève à plusieurs centaines de mètre du sol. A pieds ensuite, nous remontons les rues étroites de la casbah. Il y a les marchands de tissus et de vêtements, les artisans puis plus loin, les vendeurs d’épices et d’huiles d’olives. L’image la plus forte restera certainement celle de la rue des bouchers lorsque face à notre groupe, un homme portant sa brouette pleine de viandes et d’entrailles pendantes s’arrête pour nous laisser passer. L’odeur est très forte et nous accélérons le pas. Ce n’est pas facile d’autant que depuis notre arrivée, de 7 avec Mourad et Yacine, nous sommes passé à 9. Deux hommes de la sécurité en civil nous accompagnent. « C’est mieux comme ça » affirme notre guide. Pour la discrétion nous repasserons mais après tout s’il le dit, je lui fais confiance sans discuter.
Constantine, c’est la ville où les parents de Pascale se sont connus. Quartier Saint-Jean, rue Deschanel. La famille d’Alger a vendu la maison mais elle est encore là. Nous la retrouvons finalement grâce aux indications en excellent français d’une voisine. Doit-on y voir un signe, cette dame, une ancienne institutrice, avait eu comme première inspectrice une tante de Pascale ! Mon appareil photos numériques à la main, j’immortalise les lieux. A notre retour nous organiserons une séance spéciale de visionnage pour son papa.
Encore une dernière image. La mosquée de Constantine forcement. Face à ses minarets blancs aux pointes bleues ou au pied de ses immenses murs de pierres ciselées comme de la dentelle nous sommes biens petits. A l’intérieur le silence s’impose. Romain voulait absolument la visiter et malgré mon pantacourt, pied nu, je pénètre avec respect dans ce lieu de prières.

Il est 5 heures. Nos valises sont prêtes. En route pour l’aéroport de Constantine. Mourad a prévu de nous accompagner jusqu’à Alger mais nous pouvons peut-être nous débrouiller tout seul et le laisser retrouver sa famille à Collo! Il y a une boule qui grossie dans nos ventres. Les images du séjour défilent dans ma tête et surtout je me sens fort de toutes nos rencontres. Ce n’est pas un guide de voyage que nous quittons mais un ami. A bientôt, nous reviendrons."

Daniel Ielli

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