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Création et Réalisation D.M.Chetti - © Jamel Tourisme Collo - Octobre 2005 - Site Actualisé le : 25/02/2008
Reportage Quotidien Liberté. De notre envoyé spécial à Collo : Mourad KEZZAR
Collo : La belle de la forêt du chêne liège.
Première partie :
Teléza , la fille de la fontaine bénie et du saint Benzouit

Collo le PortComme toute beauté, consciente de l’effet qu’elle a auprès de ses séducteurs, Collo, aime se faire désirer. Devant ses amants qui cherchent à l’approcher, , elle dresse une série d’obstacles renvoyant à plus tard l’heure de la rencontre tant convoitée.

En allant à Collo, à partir de Constantine, une fois arrivée au lieu dit « Guin Guita », les dos d’ânes sauvages se succèdent les uns aux autres. Au lieu dit « Kahouat ( café) Aïbeche », du nom du premier commerce autour duquel a pris forme aujourd’hui tout un village, 4O Kilomètres avant d’arrivée à Collo , c’est carrément un tranchée qui est dressé sur la route des visiteurs de la cité de Kollops. A mesure que nous rencontrons ces embûches , notre désir d’aller à la rencontre de la belle de la forêt du chêne liège augmente. Les 108 kilomètres qui séparent Collo de Constantine sont parcouru en 2 heures de temps au lieu d’une heure et demi. C’est le prix à payer pour voir Collo en ses meilleurs jours : L’été.
Notre première escale est la baie de Téléza. Longue de 7 kilomètres , elle prend forme au niveau de la fontaine des sangliers , du coté de Collo, et se tire jusqu’au mausolée de Sidi Benzouit, du côté de Kerkera.

Dix kilomètres avant d’arriver à Collo, c’est le village de Kerkera. Telle une fille d’honneur,
elle offre aux visiteurs, à travers son marché quotidien des fruits et légumes de Guermadjana, une corbeille de bien venue. Figues, pêches , poires et pommes fraîchement cueillis dans les fermes de la plaine de Téleza sont proposés à des prix insensibles à la mercuriale des grandes cités. Kerkera, appelée aussi El Achra, est réputée dans tout le nord constantinois par la place qu’occupe la femme dans le village. Ici, la majorité de l’économie locale est gérée par la junte féminine. Dès quatre heures du matin, des processions de femmes quittent le village pour rejoindre les champs en empruntant la route de Collo. Leur départ au labeur, qui à pied, qui à bord des pousses pousse , qui sur des tracteurs est un tableaux que les usagers de la route commentent chacun selon son humour matinale.
Ces paysannes, tiennent aussi l’essentiels des commerces du village. Il ne s’agit pas de prêtes noms mais de véritables femmes ayant monté des affaires en commençant par l’agriculture , en arrivant à la restauration et le transport, après avoir passé par les matériaux de construction.
La saga de « Guermia de Kerkera » est l’histoire d’une réussite sociale loin aussi bien de l’interventionnisme de l’Etat que des plaintes des féministes d’occasion.

Quatre kilomètres avant d’arriver à Collo, nous prenons une bifurcation à droite , à hauteur du centre de la formation professionnelle. La bâtisse a été évacuée l’année passée par les troupes de l’ANP qui se sont re- déployées à l’intérieur du pays de Collo , signe de l’amélioration de la situation sécuritaire que connaît la région.
La route mène vers la baie de Téléza où sont implantées l’essentiel des infrastructures d’accueil des estivants.
Au commencement, c’est l’hôtel Torche, du nom de son propriétaire, qui ouvre la voie. Il s’agit du premier investissement privé dans l’hôtellerie de la période post indépendance dans la région.
Depuis deux années, les gérants arrivent à le faire fonctionner , aussi, durant la basse saison. Un véritable succès si on se rappelle qu’il y a cinq ans de cela, alors que la région sortait d’une longue nuit de barbarie, le sinistre et sanguinaire Bouaza, comme pour saboter toute l’économie de la région, y mena une expédition durant laquelle deux jeunes du contingents y laissèrent leur vie. C’était la veille de l’ouverture de la saison estivale 2000.
Depuis, Bouaza a été abattu par les patriotes, la casemate qui se trouvait dans la maison de ses parents, située à 100 de l’hôtel, détruite et la baie a retrouvé la paix.
En cette première semaine du mois d’août, l’établissement « affiche complet », comme aime le répéter le réceptionniste du jour.

Juste après, c’est la pineraie . Un ensemble de chalets réalisés par un urbaniste. La dizaine de chalets qui constituent le mini- centre touristique sont occupés de la mi - juin à la fin août. Pour l’exploitant, « il s’agit d’une clientèle que j’ai pu fidéliser le long de deux décennies. »
A quelques encablures de ces gîtes se trouve un autre ensemble d’une quarantaine de villégiatures qui datent des années 80. Les murs, propriété de la municipalité, ils sont cédés à l’année à des locataires venant de tous les coins du pays. Délaissés durant les années 92-96, les chalets sont aujourd’hui tous occupés six mois sur 12 animant une zone qui ne vit que par et pour le tourisme balnéaire.
L’histoire de ces chalets résume celle de la zone touristique de Téléza. Ici, à « El Djoun » des mamans touristes ont donné vie à de futurs collophiles. Seules les étendues du sable doré connaissent le nombre de ces histoires d’amours qui ont agrée les soirées estivales humides des lieux. Une grande partie d’entre elles se sont terminées par des mariages comme dans un feuilleton rose. C’est l’été avec son alchimie faite de soleil , de sable et de bleu.

Après les chalets du Djoun, les centres de colonies de vacances sont alignés l’un contre l’autre. Le premier est celui de la SONATRACH. Chaque été , se sont des centaines de colons des enfants de la tire- lire du pays qui viennent découvrir les plaisirs de la mer conjugués à la bonté des cœurs des collins. Le centre, impeccablement entretenu, est entièrement intégré dans le paysage local. C’est à partir de ses cuisines que sont nourris la majorité des agents de l’Etat intervenant dans la gestion de zone. C’est aussi à partir de ses compteurs que sont alimentées les autres infrastructures de la commune en électricité. Cette année le centre a ouvert ses portes dès la mi juillet recevant des cession de 14 jours chacune.
Juste après, c’est le centre de colonie ALTRO. Une entreprise publique spécialisée dans les travaux de route et dont le siège social est à Skikda.
Ici, aussi, les lieux sont d’une présentation et d’un cadre de vie exemplaire. Une centaine de colons et de familles de travailleurs de cette florissante entreprises publique sont en campement. Baignades, découvertes de Collo et animation rythment les jours de chaque session.
Après le centre de colonie d’Altro , c’est celui de Digromed – Constantine ( ex- Encopharm) qui clôture la série. Ici, le cadre est dégradé reflétant la situation économique d’une entreprise publique spécialisée dans la vente en gros du médicament et qui trouve du mal à se faire une place dans un marché où seules les plus performants ont droit à une place au soleil. Malheureusement, les enfants des travailleurs de cette entreprise n’ont plus droit, depuis des années, à ce soleil qui brille dans le ciel de Collo. Cette année, seules quelques familles de travailleurs de l’entreprise ont tenu à séjourner dans des dortoirs pour colons transformés en chalets.


Dans l’aire de jeu, Digromed « sous-loue » des espaces aux estivants « grand public » pour qu’il implantent leurs tentes. Le nombre de ces derniers est plus important que celui des travailleurs de la boite. Une initiative qui permet aux amoureux du camping sauvage de trouver un site où passer des vacances et aux œuvres sociales de DIGROMED de réaliser des recettes sur ventes. Une bonne affaire pourvu qu’elle soit légale.

Juste après ce centre, c’est un autre ensemble de chalets de villégiatures qui se dresse aux frontières entre Téléza et Benzouite.
Appartenant au patrimoine de la wilaya de Skikda, leur gestion a été cédée à la commune de Collo à la fin des années 90. Aujourd’hui, le site est occupé à 80 % durant toute l’année.
Se sont surtout les locataires originaires de Collo qui forment cette espèce d’estivants qui a tendance à prolonger l’été indien au maximum. Quoi de plus normal: Une beauté apprécie avant tout par les siens !

On ne peut visiter la baie de Téléza sans effectuer une virée dans ce qui a fait sa réputation : Les deux campings familiaux qui datent des années 80.
Le premier, réalisé par le tourning club Algérie , d’une capacité de 80 tentes est situé entre les centres de colonie d’Altro et de Digromed. Il est géré depuis maintenant trois années par les œuvres sociales de SONATRACH sur concession de l’APC de Collo. Une quarantaine de famille des travailleurs de l’entreprise se succèdent sur le site en sessions. A l’intérieur, c’est la vie d’un village qui est reproduite avec ses commerces, ses odeurs de Tadjine mijotant fusant des cuisines collectives et ses espaces de convivialité autour du thé.
Le second est situé à l’extrémité de la plage. D’une capacité de 100 tentes, il a été cédé depuis cette année et pour trois années en concession par l’APC de Collo aux œuvres sociales de NAFTAL. Une cinquantaine de familles de cette boite y ont élu domicile l’espace d’une session. Ici, les estivant sont des habitués des lieux et ils passent les vacances ensemble depuis des années.
Comme dans le premiers camping, l’hygiène des lieux est exemplaire et l’image des tentes aux couleurs d’été dressées sous les eucalyptus lance une espèce d’invitation à l’évasion.

Nous quittons Téléza pour continuer notre route vers Collo. A deux kilomètres avant d’arriver à notre destination, nous nous arrêtons à la plage la fontaine des sangliers. C’est Ici que commence la baie de Téleza qui s’arrête 7 kilomètres plus loin à la plage de Benzouit.
La plage de la fontaine , connue aussi sous l’appellation de Aïn Lakssab, a été la plus fréquentée de toute la région avant que les espaces sablés ne soient affectés aux entreprises chargées de la réalisation de l’extension du port de pêche de la ville. Aujourd’hui, une grande partie de ces espaces ont été évacués et les estivants ont retrouvé leurs lieux préférés.

Cette année , un hôtel - appartement a vu le jour au niveau de la station multi services Baaziz. L’établissement, composé de chambres avec cuisines, affiche complet depuis le 14 juillet dernier. Pour Khaled, le gérant, un Technicien supérieur en tourisme, aucun appartement ne sera libre avant le 30 de ce mois d’août
Dans l’établissement, l’essentiel de la clientèle est constitué de familles des enseignants universitaires. Pour l’un d’eux « l’hôtel bénéficie de plusieurs atouts dont la réputation de Collo, la qualité de la prestation et la renommée de la plage la fontaine des sangliers ».

En face de cet établissement, de l’autre coté de la route, pied dans l’eau, se trouve la source qui a donné son nom à la plage. « La fontaine des sangliers existe depuis que Collo est Collo » nous raconte des vieux de la ville. C’est à partir de ce lieu, où se terminent les criques de Ksir el Bez, que commence la baie de Téléza. C’est ici qu’a vu le jour le premier camping- restaurant de la région et qui remonte à l’ère colonial.
Cette année, le site, propriété privée, a été réaménagé. Des abris de plages sont dressés et loués à la journée. L’espace, peut aussi accueillir dans ses tentes des familles en quête d’un lieu sûre de campement à la semaine où toutes les commodités sont réunies. C’est l’unique centre de vacances, en toiles, privé dans la région.

La plage de la fontaine des sangliers est réputée pour l’eau de sa source qui coule à longueur d’année et aussi pour son eau de mer.
Sa source d’eau potable est très prisée pour ses bienfaits. Elle est surtout recommandée chez les personnes stressées.
Son eau de mer, elle, est connue dans tout l’est algérien pour ses effets thérapeutiques. On vient de partout offrir une baignade à un proche souffrant de troubles nerveux et psychiques.
De véritables cures de balnéothérapies sont organisées par les proches des patients sous le regard des estivants et des passants.
La tradition qui remonte loin dans le temps est confortée par les récents résultats des recherches en thalassothérapie. C’est le tourisme de santé par excellence.

Ainsi, la baie de Téléza est le fruit d’une source bénie, la fontaine des sangliers, et d’un saint , Sidi Benzouit. Selon la légende, les effets thérapeutique de cette eau de mer sont dus à la baraka de Sidi Benzouit dont le mausolée est situé à l’autre extrémité de la plage du coté de Kerkera.
Jusqu’à une date récente, on organisait chaque année, une Zerda à son honneur. L’année suivante, toujours selon la légende, le nombre des guérisons par balnéothérapie augmente alors que le nombre des noyades diminue ans les eaux de mer de la localité diminue.

La baie de téléza est le fruit de ce mariage entre une source , un saint et leurs légendes.

Mourad KEZZAR

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