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Création et Réalisation D.M.Chetti - © Jamel Tourisme Collo - Octobre 2005 - Site Actualisé le : 25/02/2008


De notre envoyé spécial à Jijel - Mourad KEZZAR
Jijel : Une tigresse qui sort son charme et ses griffes.
Le Koutama est entrain de réussir sa saison.

Jijel Vue generaleJijel, la capitale du pays des Koutama veille jusqu’à une heure tardive pour répondre aux moindres exigence de touristes nationaux de plus en plus exigeants. Ces derniers lui rendent la monnaie. Minuit sonnantes en ce jour de semaine et les commerces du front de mer, du centre ville et mêmes des quartiers les plus reculés sont fréquentés par des visiteurs qui, enchantés par la tigresse, ne regardent plus dans leurs bourses.

Il est 21 h, passés quelques minutes, quand nous arrivons dans la ville de Jijel. Le boulevard de la plage du Koutama, ex casino, en plein centre ville va en s’animant au fur et à mesure que la nuit tombe.
Les restaurants et cafés qui longent le boulevard, avec ses trottoirs aux dalles multicolores et si larges qu’ils nous rappellent les villes balnéaires de l’autre rive de la Méditerranée, sont d’un aspect architectural qui sied au paysage.

A cette heure ci, il est difficile de trouver une place vide sur les terrasses de ces cafés restaurants. Toutes les tables sont occupées par des couples, des familles ou des solitaires qui partagent ensemble un dénominateur commun : La consommation.
Pour répondre à la forte demande, tout en présentant un cadre agréable, les terrasses se prolongent jusqu’à la lisière de la mer et où des tables sont dressées à même le sable.
Malgré cette occupation agressive de l’espace, ces commerces sont tous d’un aspect esthétique qui fait la différence de Jijel avec d’autres villes balnéaires voisines. Aucune baraque de fortune, sans sanitaires ni eaux potable n’est tolérée. C’est le tourisme , une industrie gérée par la qualité , dans un état embryonnaire mais prometteur.
Pour un élu local, rencontré sur place, « Tous ces commerces, ouvrent à l’année. L’été , ils procèdent à une extension de l’activité. » Pour un professionnel, les temps où on croirait développer le tourisme par les plans de l’emploi des jeunes est révolu »
En compagnie de notre élu , nous dégustons, sur une des terrasses, un café servi dans une tasse avec sa sous tasse avec un fond de musique rai , certes, mais dont les décibels sont modulés au point où on arrive à écouter les chuchotements des vagues.
En effet, cette exploitation optimale de l’espace ne s’est pas faite sur le dos de l’environnement et de l’hygiène. Les lieux sont si propres qu’en se croit dans un autre temps pour ne pas dire un autre pays.
Pour Tarik, un colliote venu passé des jours de vacances à Jijel : « Jijel a su garder ses atouts de ville anciennes. On assiste à une ville qui se développe et non à une à un milieu urbain qui se clochardise comme c’est le cas , malheureusement, dans une grande partie dans anciennes villes du pays ».
A jijel, même les enfants, pour ne pas dire surtout eux, trouvent mille raisons pour influencer leurs parents dans le choix de cette destination estivale. Le long du front de mer, de petits manèges, esthétiquement présentables sans être gourmands en espaces, offrent des moments de joies aux enfants. Chacun va avec ses fantasmes de bas âge. Les uns jouent aux conducteurs de véhicules , les autres aux pilotes d’avions ou encore aux commandants de navires de guerre sous le regard affectif des parents.

 


Il est 22 heures 30 minutes passés quand nous quittons le front de mer de la plage Koutama. Le boulevard, sujet à une dense fréquentation des piétons, est ouvert à la circulation automobile. Malgré cela, l’espace d’une heure et demi, nous n’avons été les témoins d’aucune agression contre le cadre de vie des estivants. Où sont passés ces motos et ces véhicules- troubles fêtes qui sèment la terreurs dans d’autres villes balnéaires ?
Même les cortèges de mariages, devenus dans certaines villes des rallyes des fous au volant, sont absents du paysage de Koutama plage.
Vraiment Jijel a réussi son pari de grandir sans se clochardiser. Daoud, un jijilien de souche nous explique, avec une petite phrase toute la philosophie de la chose, « quand on veut vivre à Jijel, on fait un choix : Celui d’intégrer les valeurs citadines de la cité millénaire »

Nous quittons le front de mer de la plage Koutama pour s’engouffrer à l’intérieur de la ville. Nous sommes toujours frappés par la propreté de la cité, de l’animation sans vacarme et de la vie qui court.
Si les commerces du front de mer ne désemplissent pas de clients, cela ne se fait pas sur le compte du reste de la ville. Les commerçants « permanents » qui attendent avec patience l’arrivée de l’été pour arrondir leurs comptes sont bien récompensés. Au fur et à mesure que nous nous introduisons dans la vieille ville , on découvre une cité allumée des milles feux .
Il est 23 heures et tous les commerces sont ouverts. Les cafés et surtout les restaurants ont ouvert des terrasses avec des aménagements ralliant propreté et goût afin de juguler la forte demande tout en l’a faisant profiter de la fraîcheur des nuits jijiliennes.
La place Berberousse est si animée quand a l’impression que tout Jijel y est descendu.
Un restaurant, qui a ouvert à la place de l’ex siège de la défunte Khalifa Bank, a même organisé , sur sa terrasse et en plein aire , un dîner à la chandelle. Parmi les clients de ce banquet, le couple « M » et leurs deux enfants. Ils sont à Jijel pour la quatrième année consécutive. Pour le chef de famille, « A Jijel, on passe des vacances sans êtres agressé , y compris par les regards déplacés. Ici, la population locale assimile le départ en vacances et les sorties comme un élément de savoir vivre et non comme un geste pervers ».
Notre interlocuteur, n’a pas tort. Presque la moitié des clients de ce soir sont des familles jijiliennes. C’est peut être cet investissement des jijiliens, en plus du travail remarquable mais discret des services de police, dans la rue qui fait de Jijle by the nignt un grand « ouast eddar » où se côtoient parents et voisins plutôt qu’une ville avec ses underground

Plus loin de la place, le siège de la direction de l’artisanat est ouvert. Ce détail renseigne sur l’implication de toute la communauté dans la réussite de la saison estivale, ceux à la tête des affaires de la commune et du tourisme en particulier.

Il est minuit passé quand nous arrivons sur les hauteurs de la ville ou se que les Jijeli appellent la nouvelle ville. Ici, et à cette heure ci , la majorité des commerces sont encore ouverts et des clients retardataires s’empressent à faire leurs emplettes. Mêmes les supérettes , qui semblent être à la mode à Jijel ces temps ci, sont ouvertes et animées.
Des familles entières déambulent dans les rues de la nouvelles ville, elles aussi propres.
Nous croisons sur ces hauteurs, rentrant chez elles des jeunes femmes marchants seules sans tuteurs mâle et sans être importunées.
La jeunesse Jijeli n’a pas perdu ses traditions , celles des anciennes villes. L’été , dans chaque quartiers , ouled El Houma, en groupe, veillent jusqu’à la levée du jour devant leurs maisons. On discute , dans une atmosphère saine de Jijel, de la mer qui est houleuse depuis trosi jours au point où aucun bateau de pêche n’est sorti du port depuis et d’Enemra. La tigresse est l’appellation donnée au club local de foot. Mais savent-ils que Jijel la touristique est aussi en passe de devenir une tigresse qui sort ses griffes pour agresser le marché touristique national tout en excellant dans la séduction en jouant de son charme et de ses couleurs ?

Le deuxième jour de notre visite à Jijel nous l’avons consacré à sa cote ouest. Une succession de plages qui vont jusqu’à Melbou dans la wilaya de Béjaia.
On peut citer les plages d’Andreux et du grand phare, celles d’El Aouana, celles des Aftis, celles des grottes merveilleuses et, enfin, celles de Ziama.
Cette année, la cote ouest de Jijel a réussi le pari de remplir ses camps de toiles. C’est peut être la raison pour laquelle, la ville de Jijel est animée de jour comme de nuit telle une destination balnéaire de premier rang.
En effet, les campings ont cet atout d’offrir une très forte capacité d’accueil qui peut résorber, partiellement si ils sont gérés par des professionnels , le déficits en hôtellerie.
A Andereux , la plage de Bordj Blida est pleine de monde. Elle renvoie l’image d’un lieu saint jour par un jour de pèlerinage. Même les jeunes barbus d’EL Islah Oua El Irchad tiennent un campement estival dans ces lieux. Les centres de vacances de la BNA et de Sonatrach sont entièrement occupés. Les estivants sont venus notamment de Constantine , de Sétif et d’Alger pour se saouler de la beauté d’Enemra dans ces espaces d’évasions, réputées pour être le lieux de villégiature des Jijelis de souche.

Plus loin, se sont les Aftis. Là aussi, le taux de fréquentation des sites touristiques et à son seuil maximum ou comme disent les hôtelier en « Over booking ». C’est le cas ,entre autres, du centre de vacances des familles de la police nationale qui affiche complet. Même chose pour le camping familial géré par le groupe touristique Nedjma. Pied dans l’eau, le camping a du mal à contenter tous ceux qui sont à la recherche d’une tente dans ce site où toutes les commodités sont réunies.
De part et d’autre de la route, toujours bien entretenue et sans nids de poules comme si l’entretien des routes est un hiatus propre à la région, deux campings sont ouverts. Toutes les tentes sont occupées.
Ici, les estivants , ils ont certes, un engouement pour les plaisirs la mer, mais les petits singes venus jusqu’à la chaussé recevoir leur cacahuètes sont aussi une curiosité qui vous fait tourner la tête …de la plage..

A El Ouana , ex Cavalo, les plages sont, elles aussi, bondées. A partir du « trottoir - terrasse » qui fait face au siège de la Daira et qui offre une vue générale sur la mer, on peut contempler l’image de celle ci, si douce, recevant dans son bleu des estivants qui communient avec elle plus qu’ils nagent. Cette mer, vous donnent de l’ivresse telle une déesse qui finit par vous enchanter à force de fixer le bleu de ses yeux.
Une déesse que les Zeus et Neptune ont excellé dans le façonnage de sa beauté. Un véritable chef d’œuvre comme cette plage que la volonté divine a doté , au milieu, d’une source d’eau naturelle potable.
D’autres plages et criques se succèdent, noyées dans le bleu de la Méditerranée et la verdure du parc naturel de Taza.

Avant d’arriver à Ziama, au niveau des grottes merveilleuses , la circulation automobile devient dense. Des gendarmes en mission dans le cadre du plan Delphine essaient de réguler des flux que les gorges , avec leurs étroitesses, arrivent difficilement à contenir.
Ici, la plage, bien que très fréquentée, est jalouses des grottes merveilleuses. Pour entrer et visiter les merveilles qui s’y trouvent, il faut faire la chaîne. Qui a dit que les algériens n’ont pas de penchants pour le culturel ?
Après les grottes , nous découvrons Ziama. C’est une très belle illustration qui nous est offertes en guise de cadeau de bien venue. Un petit port , avec ses modestes embarcations, prolongé par sa presqu’île et sa plage. Le centre de la ville, une longue ruelle qui commence par une mosquée est très animée. Les commerçants semblent être dépassés par la forte sollicitation. Une preuve que Jijel, en cet été 2004 , ne vit que par et pour le tourisme.

Mourad KEZZAR

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